Stephanie Aubertin Psychologue

29
Avr 2016
HP non HP
Posted By: In: Haut Potentiel, Étiquettes : , , , , , , , 15 Comments

Très souvent, lors de la consultation pour une hypothèse de haut potentiel et avant de passer des tests, on exprime une crainte de « rater » les tests et ainsi d’avoir un verdict négatif : « Je ne suis pas HP ».

Or, considérer le fait de faire partie de cette population OU d’en être exclu revient à envisager l’intelligence humaine comme quelque chose de dichotomique, comme le jour et la nuit, le bien et le mal… Cependant, de nos jours, on envisage les choses de manière plus dimensionnelle, c’est-à-dire comme un curseur que l’on pourrait déplacer sur une ligne allant de normalement intelligent (on peut commencer la dimension à partir de la déficience) à très intelligent. Aujourd’hui, on préfère parler plutôt de dimensions comme par exemple le normal et le pathologique qui se trouvent sur une même dimension.

S’il existait deux entités différentes entre les personnes à haut potentiel et les personnes dans la norme, ce serait deux êtres humains différents, comme le sexe féminin et le sexe masculin ! Certes, il est vrai que la littérature de vulgarisation francophone parle d’intelligence différente et propose de concevoir les personnes à haut potentiel comme étant différentes des autres personnes, mais cela n’a jamais été prouvé par la recherche scientifique. Au contraire, ces recherches, qui ont comparé des personnes à haut potentiel à des personnes dans la norme, n’ont pas mis en évidence de différences significatives entre ces deux populations sur un trait particulier comme l’hypersensibilité, les émotions, le caractère social, la psychopathologie, le type de pensée…

Par ailleurs, d’un point de vue technique, les tests sont créés de manière quantitative et ils tentent d’objectiver UNE théorie de l’intelligence. Mais le concept d’intelligence est ce qu’on appelle une « réification », qui « consiste à transformer une abstraction en un objet concret, à appréhender un concept comme une chose concrète » (Définition de Wikipedia). Or, les tests sont créés et étalonnés pour une culture donnée, pour une population donnée et à un moment donné et absolument rien n’est établi de manière concrète, je veux dire par là pour quelque chose de tangible. Prenons un exemple : l’unité de mesure, que ce soit le mètre, que ce soit le gramme ou autre –dans notre culture–. Votre taille, par exemple 1,70 m, est considérée comme objective, mais cela est possible uniquement parce que 1 m (100 cm) a été défini comme étalon. Sinon, le mètre n’existe pas en soi : il a été défini de manière arbitraire. Pour les tests, c’est la même chose : on crée des items de manière à ce qu’il y en a des simples, des moyens et des complexes et afin que la majorité de la population répondent aux items moyens. On répond à plus ou moins de questions qui font intervenir plus ou moins de mémoire de travail. Vous avez bien lu, il s’agit de quelque chose de « plus » ou de « moins » et qui a été défini de manière abstraite.

La notion de seuil de Q.I. Total >130 pour les hauts potentiels est de ce fait également quelque chose d’abstrait et d’arbitraire. Lorsqu’un yaourt va être périmé, que se passe-t-il à minuit exactement ? Les bactéries vont-elles se lever pour changer radicalement la nature du yaourt à minuit pile ? C’est exactement la même chose avec le seuil de 130. On peut également utiliser la taille dont on parlait précédemment : une personne mesurant 1,70 m est-elle considérée comme une personne grande ou une personne petite ? Cela dépend notamment de l’époque, du contexte vous me diriez. Mais en tout cas, vous êtes d’accord à penser que ceci est quelque chose de purement arbitraire et ne change en rien la nature de la personne.

Donc, avoir un Q.I. total supérieur à 130 ne change pas votre nature. Et je dirais même qu’établir des caractéristiques pour les personnes à haut potentiel revient à exactement la même chose que les stéréotypes sociaux ou même les stéréotypes de genre comme « les femmes ne savent pas conduire », « les femmes parlent trop », « les hommes sont machos », « les hommes aiment le foot »…

 

Être ou ne pas être HP… Je ne suis pas certaine que ce soit LA question.

Si vous souhaitez passer un test, envisagez-le comme une occasion de mieux vous connaître de manière générale, mais aussi de mieux vous connaître sur votre façon de traiter une tâche intellectuelle et non pas comme une fin en soi qui expliquerait toute votre vie passée et future. Car il est dommageable de voir beaucoup de « HP Story », c’est-à-dire des personnes qui expliquent et orientent toute leur vie au travers de cette identité de HP alors que l’étiquette « HP » ne définit encore une fois en rien une personne. Sur toutes les personnes à haut potentiel que j’ai pu rencontrer, il n’y en a aucune qui se ressemblait et qui gérait les choses de la même façon. Il y a certaines capacités intellectuelles qui sont supérieures, et non pas différentes, et selon la flexibilité ou la rigidité comportementale de la personne, parfois aussi selon l’environnement, la personne va agir ou réagir d’une certaine façon.

Ne vous trompez pas lorsque vous allez passer un test et surtout, allez-y avec comme attente de connaître comment vous fonctionnez et ne pas vous identifier à une étiquette sur laquelle on a collé tellement de stéréotypes et qui ne reflète pas la subtilité d’une personne.

15 COMMENTS

  • Marie B.

    14.05.2016 | Reply

    C’est vrai ce que vous dites, cela ne change rien… on est déjà ce que l’on est et on le sait… sauf que lorsque la réponse au test est négative alors que tout nous indique notre HP, on a ce sentiment frustrant d’avoir encore raté quelque chose, d’avoir encore à continuer le chemin vers soi… Oui c’est frustrant, pas parce qu’on voudrait être HP mais parce qu’on avait l’impression d’avoir enfin mis un « diagnostic » (même si ce n’est pas une maladie) sur ce « mal a dit » qui vous ronge toute votre vie. Parce qu’on avait enfin l’impression qu’on allait pouvoir passer à autre chose, c’est à dire trouver les moyens pour vivre avec sa différence, puisque maintenant quelqu’un d’autre que soi l’a confirmé… Certes on pourrait se contenter de se le confirmer à soi-même, mais c’est sans compter sur le manque de confiance intrinsèque souvent à un HP qui l’empêche d’y croire. Le test négatif est terrible… l’errance psy continue pour ma part. Dire à un psychiatre : « cherchez pas je suis HP » apparait comme le summum de l’arrogance pour moi. C’est lui le médecin, pas moi. Alors je me contente de parler, de tout, et surtout de rien… De plus en plus souvent l’idée me traverse de reprendre mes études pour devenir psychiatre, histoire de soulager tous ceux qui comme moi errent entre deux mondes : ceux qui le sont et ceux qui ne le sont pas… disons plutôt ceux qui sont diagnostiqués HP et ceux qui ne le sont vraiment pas. Cordialement

    • Zèbre-Panda

      30.04.2018 | Reply

      Marie,
      Votre commentaire résonne complètement, j’ai passé un test il y a 4 ans et la réponse a été : « les résultats sont trop hétérogènes, le résultat n’est pas significatif, mais vous n’êtes pas HP ». Quelle souffrance après avoir eu l’impression d’avoir enfin trouvé une explication, une raison à ce mal-être et cette sensation de décalage qui m’habite depuis toute petite. C’est comme si tout cela était « pour rien ». Tout ce que je lis de la littérature sur les zèbres parle de moi, mais ce chiffre me ferme la porte à la possibilité d’en revendiquer l’appartenance, d’avoir enfin le sentiment d’avoir trouvé ma place dans le monde. Aujourd’hui, c’est chez mon fils que j’observe les mêmes traits, et je suis désemparée car j’ai l’impression de ne pas trouver de lieu d’écoute pour cette souffrance là. J’espère que vous ouvrirez votre cabinet un jour pour nous, les zèbres à qui il manque des rayures 😉

  • Rozenn

    18.05.2016 | Reply

    Bonjour, merci pour cet article. Je suis à la recherche de mon identité, et ce n’est pas simple, j’aimerais bien comprendre mieux mes différences… les différences de fonctionnement.

  • Cécile BOST

    26.09.2016 | Reply

    Bonsoir Stéphanie
    je ne comprends pas…
    « concevoir les personnes à haut potentiel comme étant différentes des autres personnes, mais cela n’a jamais été prouvé par la recherche scientifique. Au contraire, ces recherches, qui ont comparé des personnes à haut potentiel à des personnes dans la norme, n’ont pas mis en évidence de différences significatives entre ces deux populations sur un trait particulier  »

    … Mais en termes de différences d’architectures du cerveau, en termes d’utilisation d’aires du cerveau, en termes de rapidité de transmission neuronale et même en termes de quantités de neurones et de densité de la matière blanche, il y a bien des différences constatées.
    .. et il faut bien que ça conduise à quelque chose, non ? A plus de… sensibilité, rapidité de raisonnement… voire raisonnement différent ? non ?

    • Stéphanie Aubertin

      29.10.2016 | Reply

      Bonjour Cécile

      Il n’y a pas de réelles différences en termes d’architecture du cerveau, d’utilisation de certaines aires. Les études qui démontrent ceci présentent un important biais de recrutement de leurs sujets.
      Il y a « juste » des différences de quantité.

      Je suis sur un projet de thèse (j’ai contacté mes 2 codirecteurs de recherche désirés) qui va tenter d’expliquer les liens qui unissent intelligence et psychopathologie ou intelligence et bien-être. Mon hypothèse serait liée au langage. Je compte utiliser la théorie des cadres relationnels comme cadre théorique de ma thèse.

  • Christophe

    06.10.2016 | Reply

    Bonjour.
    Merci pour votre exposé.
    Je suis complètement d’accord avec vous, le monde n’est pas dichotomique. Il n’y a pas de curseur. Il n’y a d’explosion de bactéries a minuit, il n’y a pas vraiment de différence de taille entre quelqu’un de 1,70m et 1,71m, et probablement, un QI de 129 ressemble a un QI de 130.

    Donc le monde n’est pas dichotomique. Mais il est pratique (dans le sens « bien commode », « utile ») de le considérer comme tel ! Si je reprends l’exemple du yaourt, la réalité est que le nombre de bactéries progresse régulièrement. Si on le mange le jour où il a été préparé, il y a un risque infime qu’il contienne de mauvaises bactéries. Si on le mange une semaine après, ce risque est minuscule, mais il est déjà plus grand. Un mois après, il est encore plus grand. Et ainsi de suite. Des lors, comment le fabriquant doit-il nous donner l’informer ? Doit-il nous donner un risque jour par jour ? En fonction des conditions de conservation ? Ca serait vraiment compliqué. Du coup, il est pratique de simplifier et de fixer une date : à partir de tel jour, le risque devient important. Donc il nous conseille de ne plus le manger après la date.

    C’est pareil pour de très nombreux phénomènes. Les tailles par exemple : si les magasins devaient avoir, pour chaque vêtement, une version pour les 1,70m, une autre pour les 1,71m, une autre pour les 1,72m… ils ne s’en sortiraient pas. Pour simplifier, on regroupe par taille. C’est complètement arbitraire. On aurait pu choisir un autre découpage. D’ailleurs, il existe un découpage européen et un autre américain. Arbitraire, mais bien pratique.

    Pour le HPI, c’est la même chose. On aurait pu mettre la limite a 125, ou à 135. Les raisons qui ont fait choisir 130 n’ont aucune validité scientifique. Il n’en reste pas moins que c’est bien pratique. Quand je croise des gens qui ont l’étiquette HPI, ils ont souvent un certain nombre de traits caractéristiques commun avec moi. Par exemple, souvent, ils n’aiment pas le foot et on a un même humour (alors que chez les non HPI, je me prends assez souvent des bides). Bien sûr, ça n’est pas absolu : il y a des HPI qui aiment le foot, et d’autres qui n’aiment pas mon humour. Et inversement, il y a des non HPI qui n’aiment pas le foot et qui aiment mon humour. Mais globalement, la tendance, c’est HPI = non foot, HP = foot. C’est comme fumer et avoir le cancer : il est faux de dire « fumer donne le cancer » parce qu’on connait tous quelqu’un qui a fumé comme un pompier et qui se porte comme un charme. Par contre, on sait que « fumer augmente considérablement le risque d’avoir un cancer »

    Bref, il est faux de dichotomiser le monde en HPI / non-HPI. Mais ces étiquettes, avec tous leurs défauts et leurs faiblesses, sont quand même bien pratiques pour trouver des gens avec qui on a beaucoup en commun.

    • Stéphanie Aubertin

      29.10.2016 | Reply

      Bonjour Christophe.

      Vous avez tout à fait raison : les catégories sont nécessaires pour appréhender notre monde ; on appelle une table, une table, parce que même si 2 tables sont différentes, elles présentent un point commun.
      Après, dans ma pratique professionnelle, je reçois beaucoup de personnes qui ont consulté d’autres psychologues qui leur ont dit qu’elles n’étaient pas HP car elles avaient juste 128 de Q.I. Ceci est surtout grave pour les enfants car des adaptations pédagogiques sont mises en place uniquement s’il y a un diagnostic de haut potentiel par le psychologue (remarquez que dans les bulletins officiels de l’éducation nationale, cela n’est pas nécessaire d’avoir un diagnostic réalisé à partir d’un test, mais cela est rare dans le quotidien).

      Toutefois, si les étiquettes sont pratiques, elles peuvent devenir très dangereuses, surtout si on s’identifie aux caractéristiques qui sont censées appartenir à cette étiquette : dans ce cas, on devient cette étiquette. C’est comme un enfant qui entend dire « tu est nul » et qui finit par le croire. Les exemples sont très nombreux notamment en psychopathologie lorsque un professionnel de la santé porte un diagnostic alors qu’il est dans l’erreur, et que la personne finit par devenir ce diagnostic.

      Toutes les personnes à haut potentiel ne présentent pas la liste des caractéristiques qui sont souvent présentes dans les livres.
      Certains parents d’enfants très jeunes que j’ai pu tester se trouvaient angoissés à l’annonce du Q.I. en pensant que leur enfant allait être malheureux et anxieux !

      Il est donc important de se détacher ensuite cette étiquette pour vivre la vie que l’on a envie, celle qui nous ressemble, même si cette vie n’est pas celle que l’on décrit dans les livres. Mon article avait ceci pour objectif.

  • Marie BOUDEBES

    26.11.2016 | Reply

    Bonsoir

    Entièrement d’accord… avec vous deux.

    D’après le test, je ne suis pas HPI… mais je vais mieux depuis que je pense que je le suis. Non je n’ai pas décidé toute seule ! Mais des indices m’ont mise sur cette piste et je m’en porte bien mieux depuis que j’en ai pris conscience et adapté certains de mes comportements.
    Alors non ce n’est pas important de l’être ou de ne pas l’être. Par contre, c’est important d’être en phase avec ce qu’on ressent… même si cela ne porte pas la bonne étiquette.

    • Stéphanie Aubertin

      27.11.2016 | Reply

      Merci beaucoup Marie pour votre témoignage.

  • Pascal

    19.01.2017 | Reply

    Bonjour,
    Ces échanges sont intéressants et montrent qu’il ne faut pas balayer d’un geste toute la littérature et le ressenti des personnes. La question est complexe et sensible.
    Bien sûr il ne faut pas enfermer les HPI dans un cadre, une étiquette, et c’est vrai que tous ne réagissent pas de la même façon. La littérature est parfois agaçante en dérivant un personnage identique pour tous les surdoués : « gentil, sensible, compatissant, sensible à la justice, tête en l’air… », alors qu’il existe d’autres façons de réagir. Peut-être de par la différence entre laminaires et complexes, étudiée par un hôpital du sud de la France entre autres. Mais dire qu’il n’y a pas de caractéristiques, pas de différences, parce que certains ne s’y retrouvent pas, peut faire beaucoup de mal aux personnes qui parvenaient à mieux se comprendre et s’accepter en découvrant qu’ils étaient surdoués, en découvrant une explication à leur mode de fonctionnement. Il est étonnant que parmi toutes les personnes que vous recevez, vous n’arriviez pas à retrouver des caractéristiques communes, au moins par groupes. Il me semble même présomptueux d’affirmer que toutes les recherches qui prouvent ces caractéristiques ont un biais qui les ramènent à un intérêt nul. De plus, sur votre autre site, http://www.surdoue.fr, vous avez une page sur laquelle vous expliquez clairement et longuement les caractéristiques des surdoués… Cette page-ci sur http://www.stephanieaubertin.fr manque peut-être de nuances et a été peut-être conduite par une volonté d’accompagner ceux qui ne sont pas reconnus surdoués. En tous cas, elle me semble maladroite et quelque peu erronée.

  • Solenn

    15.02.2017 | Reply

    Bonjour, et merci, merci infiniment.

    D’une part en formulant de manière bien plus posée et moins agacée que moi, ce que j’essaie de mettre à plat depuis plusieurs années maintenant, vous me donnez des clés et des billes pour exprimer et peut être aider à faire passer le message.
    Et puis, un peu égoïstement, à vous lire, je me sens moins seule. Ce discours est terriblement absent, et laisse la part belle aux clichés et stéréotypes que j’appelle personnellement de niveau 2. Les gens qui se renseignent, parents, adultes, passent de l’idée reçue du surdoué petit génie… à une autre, et restent coincés dans ce prisme du « HP »…
    Je suis pourtant étudiante en psychologie (à 39 ans :D), et le contenu de nos cours n’a beau alimenter en rien ces idées reçues, j’ai du mal à trouver un écho même parmi des futurs professionnels, à ces considérations qui visent à faire prendre du recul vis à vis des étiquetages divers et variés…
    Je suis curieuse de lire la suite de vos travaux, j’espère que vous les partagerez ici!

    Belle continuation,
    Solenn

    • Solenn

      15.02.2017 | Reply

      … Je vois que la formation à distance que je suis ne vous est pas inconnue! ^^

  • Raphaèle

    16.06.2017 | Reply

    Bonjour à tous,

    Je laisse rarement des commentaires car je ne cherche à convaincre personne, ici ce que je lis me semble très juste et très utile.
    Personnellement, je suis très mal à l’aise avec cette « étiquette » (d’HP ou zèbre, terme que je n’aime pas non plus, ou surdoué que je n’arrive même pas à prononcer) qui me fait toujours l’effet de servir plus à flatter l’ego quand le vrai besoin, à mon très humble avis, est plutôt celui de reconnaissance (de soi-même par soi-même avant tout).
    Je n’ai passé aucun test, mais je sais au fond de moi que j’ai un fonctionnement cognitif, émotionnel et relationnel exacerbé. Deux choses: premièrement je ne vois pas l’utilité de passer un test stressant qui va me donner un chiffre, c’est comme sur la balance, tu pèses tant, et après? Tu as tant de QI/QE/QR, et après?
    Deuxièmement, j’avoue humblement que j’ai aussi peur de ne pas rentrer dans les cases du test (je ne rentre pas dans le cases tout court depuis toujours de toute façon) et de finalement me dire, ben non t’es pas surdouée ma cocotte….alors, même question, on fait quoi?
    J’ai découvert ce « truc » (que je fonctionnais de manière atypique et que des gens l’avaient décrit convenablement dans des livres) il y a 4 ans, et cela a fait l’effet d’une bombe positive dans ma vie, un énorme soulagement (t’es pas toute seule!!!!! je me suis dit) énorme, et puis une sensation très profonde d’être enfin « rassemblée », et non plus « séparée » intérieurement.
    Depuis je m’accepte beaucoup mieux, j’essaie de toujours me rappeler que mes atouts sont une force et non plus un handicap (ce que j’avais cru depuis toute petite), et je dévore toute sorte de livres et de blogs sur ce sujet. J’évite les blogs et forums spécialisés de surdoués (même raison qu’évoqué plus haut). Je suis active dans mon travail personnel d’amélioration, je me fais aider (par des psy ou thérapeutes qui, s’ils ne sont pas au faut de ce fonctionnement exacerbé au moins sont très bienveillants et non-jugeants) et j’essaie aussi de me réaliser le plus entièrement possible, mon besoin d’accomplissement personnel est très puissant et je vis encore de nombreux moments de grande grande frustration. J’ai compris que tout cela se dénouera progressivement avec du temps, de la patience, de l’aide et du travail.
    Je remercie donc Stéphanie, que je ne connais pas encore -hélas pour moi mais il n’est jamais trop tard- pour son site, ses écrits, l’aide si pointue et accueillante qu’elle propose d’après les témoignages (que j’ai tous lus).
    Je viendrai peut-être non pas passer des tests mais en consultation d’accompagnement au mieux être en tant que personne fonctionnant de manière exacerbée (c’est la première fois que je réussis à trouver une expression qui exprime sans narcissisme ce que je vis).
    Je remercie aussi tous ceux qui témoignent, partout, en commentaires ou blogs sur ce sujet, tout cela aide aussi beaucoup à se reconnaitre, à s’aimer, à avancer.
    Raphaèle Sabatier (serenicime.com)

    • Stéphanie Aubertin

      26.06.2017 | Reply

      Merci à vous Raphaèle pour votre témoignage et au plaisir de vous rencontrer.

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